Dernière entrée du journal de William Franklin
Il s'agit d'une courte nouvelle pensée et écrite en 30 min grand max. pour le site http://steampunk.fr/index.php?sid=9c2a6ec5f0be1a25ce838fe7ff112fa4
Dernière entrée du journal de William Franklin
Voilà quelques jours que j’ai quitté la Terre sous l’impulsion des membres du Gun Club qui souhaitaient réaliser une grande entreprise servant à donner une nouvelle image à leur groupe. En effet cette dernière avait été mise à mal avec la guerre civile, nombre de mes compatriotes ayant perdu un membre de sa famille, et ce quelque soit son camp, à cause du perfectionnement entrepris dans le domaine des armes à feux.
Aussi le président Impey Barbicane avait il décidé de créer une arme qui pour une fois ne servirait pas à la destruction mais à la grandeur de l’humanité. Un énorme canon pouvant envoyer un projectile vers la Lune, et ce afin de se faire connaitre d’éventuels sélénites.
Bien sûr ce plan avait connu des détracteurs, le plus connu étant le professeur Nicholl qui avait fait de l’affaire quelque chose de personnel. En effet du temps de la guerre Barbicane s’employait à créer des armes qui perforaient les blindages inventés par Nicholl. Malgré tout même cet homme avait fini par se joindre à l’engouement populaire autour du nouveau projet de Barbicane.
A vrai dire cet engouement pour cette folle entreprise avait même atteint les autres nations qui composent notre monde. Surtout après l’idée suggérée par un rêveur français du nom de Michel Ardan d’envoyer un homme sur l’astre de nuit.
Cependant Ardan était par bien des coté trop fantasque et les membres du Gun Club souhaitaient pour nombre d’entre eux que ce projet reste le plus possible américain. C’est pourquoi on me contacta, en effet j’avais au cours de ma vie déjà visité nombre de contrées étrangères et rapporté avec nombre détails des notes et croquis sur ce que l’on pouvait trouver dans ces endroits reculés. Ce qui m’avait fait connaitre et apprécié de beaucoup de mes compatriotes.
Malgré tout construire un autre canon sur la Lune semblait exclut, le voyage aurait donc été sans retour à moins que les sélénites, dans l’hypothèse où ils existent, disposent d’ u ne technologie me permettant un retour vers la sphère terrestre.
Mais après réflexions je donnai mon accord, en effet j’avais toujours été misanthrope et fuir l’humanité ne me gênait donc pas. Du reste j’avais là un moyen de graver mon nom dans l’histoire. Et si le retour était possible d’offrir aux savants du monde un tout nouveau champ de recherches scientifiques.
On conçut donc un obus aménagé avec tout le confort et les ressources dont je pouvais avoir besoin. On m’adjoint même un « assistant ». En fait un automate suisse qui pourrait m’aider en cas de besoin, et améliorer par le portraitiste Nadar qui avait adjoint à sa vision un appareil photographique.
Lors du départ je fus interviewé par nombre journaliste de la presse internationale, comme par exemple ce correspondant français du nom de Jules Verne. Le pauvre homme avait dut se rabattre sur le journalisme par dépit à ce que j’en sais. En effet au dire de ses confrères il souhaitait à la base être romancier. Mais dés qu’il avait une idée elle était déjà dépassée, ainsi lorsqu’il imaginait des submersibles le temps qu’il écrive son livre les marines du monde entier en avaient déjà conçu, lorsqu’il rêvait d’un voyage au centre de la Terre il fallait que les russes découvrent une voie d’accès vers la « terre creuse », et se fallait il qu’il commence un livre sur un trajet record autour du globe que les allemands conçoivent des aérostats capables de traverser l’atlantique en quelques heures à peine.
Pauvre homme que la réalité ne cessait de dépasser.
Le décollage se passa sans encombre, et dans la liesse populaire, cependant alors que je quittais la sphère de gravité de la Terre et que je pouvais ainsi alors l’observer après une formidable poussée il fallut que se produise un événement imprévu.
Alors que Oscar (c’est ainsi que je nommais mon automate) et moi flottions pour la première fois de notre existence il objet céleste nous percuta de plein fouet. Et s’il n’endommagea pas notre étrange véhicule il le fit grandement dévier de sa course, que nous ne pûmes jamais récupérer et cela malgré tous nos efforts.
Ainsi quand je regarde dans le hublot avant de ce qui est désormais ma demeure, et probablement la dernière, ce que je vois ce n’est plus la Lune, mais le gigantesque maitre de notre système, le Soleil.
Plus je le regarde plus il devient gros et brillant. Mon seul espoir est désormais qu’un autre astre nous attire dans son champ de gravité avant de finir brulé. Car déjà je sens la coque chouffer et nombre de mes équipements les plus sensibles à la température ont fondu, y compris certains composants d’Oscar qui ne peut même plus me divertir par sa conversation.
Ceci est le dernier message que j’écris sur cette machine. Peut être un jour les hommes explorant l’espace plus avant le trouveront ils avec le reste de mes notes et observations mais j’ai peu d’espoir.
William Franklin