La machine à énergie infinie

Publié le par Gyzmo

Encore une nouvelle écrite dans le cadre de L'inspiratorium du forum http://steampunk.fr/ 

 

 

  La salle était des plus simple et assistance restreinte, quelques élèves de l’université pas plus. Tous des dernières années qui allaient cette année préparer leurs doctorats en  physique chimie, ou mathématiques… pour ceux qui n’en préparaient pas plusieurs.

  Une fois que tous furent installés un homme entra, il était grand et bien vêtu, avait le visage fin et la tête chauve, et portait une paire de lunettes noires rondes qui ne reflétaient aucune lumière.

  Il jeta un regard rapide sur la petite assemblée avant d’entamer son discours.

« - Bien je pense que tout le monde est là ! Je suppose que vous vous demandez pourquoi on vous a demandé de me retrouver ici, moi un inconnu à vos yeux, plutôt que de vous permettre de rejoindre vos amphithéâtres et laboratoires respectifs. Et bien c’est parce que vous êtes les meilleurs dans votre domaine. Oh pas la peine de prendre un air supérieur, vous êtes les meilleurs mais vous n’exploitez pas votre potentiel. Il est certain que vous aurez vos diplômes, à vrai dire je pense que vous pourriez les obtenir sur le champ, mais voyez vous vos sujets d’études sont on ne peut plus classique et manque sérieusement de créativité. Vous êtes capable de bien mieux. Aussi avec l’accord du doyen j’ai décidé d’annuler vos cours et de vous lancer un défit à votre mesure. Vous allez devoir, ici même, penser le futur. Créer de nouvelles technologies. Découvrir de nouvelles théories. Repousser les limites des connaissances terrestres. Apporter des solutions radicales aux problèmes des sociétés humaines. C’est même là-dessus, sur la réussite ou l’échec de votre nouveau projet que serrât déterminé l’obtention de votre diplôme. Certains trouverons peut être injuste que vous ne soyez pas juger selon les mêmes critères médiocres que vos condisciples. Ceux là je les invites à sortir sur le champ et à retrouver les bancs de l’université pour se destiner à une vie sans gloire ! »

  L’homme qui ne s’était même pas pris la peine de se présenter regarda chaque étudiant l’un après l’autre, et parmi la douzaine d’élèves présents aucun ne fit signe de bouger, aucun n’en avait même l’envie. Voilà qu’enfin on leur proposait un défit à leur mesure.

  L’inconnu esquissa un sourire sur son visage dur avant de reprendre.

« -Parfait, ceci étant dit contrairement à vos thèses vous n’avez pas à travailler seul durant cette année, les avancées scientifiques étant produites le plus souvent grâce à des confrontations d’idées et de théories il vous est permis de travailler un projet en groupe. Sachez cependant que je serais votre seul et unique examinateur. Ici pas de décisions collégiales. Apprenez aussi que je serais d’une extrême sévérité.  Vous êtes les meilleurs et j’entend que vous produisiez le meilleur.»

 

 

  Robert était en train d’attendre un de ses condisciples tout en dégustant un café prés du pont des arts. Son ami était accompagné d’une jeune femme, qui faisait elle aussi partie du groupe mis en place par le professeur…En fait ce type n’avait même pas pris la peine de se présenter. Il les avait sorti de cours, c’était institué directeur de projet, modifiait la nature de leur cursus, et ne s’était même pas présenté, un comble d’impolitesse. Mais d’impoli lui il ne le serait pas aussi quand le couple s’approcha il se leva de sa chaise pour les saluer. Il fit un baise main à la jeune fille qui se présentait comme étant Ayala Badash puis sera la main Alphonse-Louis Encausse  avant de faire signe à l’automate qui faisait office de serveur d’approcher. La machine était loin d’être un des derniers model et semblait avoir été bricolé un certain nombre de fois. Il était vêtu d’un simple costume noir agrémenté d’un tablier blanc. Robert avait toujours trouvé ridicule que l’on s’amuse à vêtir ses automates, il estimait leurs propriétaires trop grand pour jouer à la poupée mais bon cela ne l’empêcha pas de commander un second café tout comme Alphone, Ayala semblait en revanche avoir une préférence pour le thé parfumé à la menthe.

« -Bien si on commençait, je connais l’affection que porte Alphonse au mathématique en revanche mademoiselle je ne vous connais pas et si nous devons monter un projet commun il me faudrait connaitre votre champ de compétence. Pour ma part je vous un intérêt particulier à la physique.

  -Tout comme moi, mais contrairement à vous, si j’en crois ce que m’a dit notre ami commun, je ne me limite pas à ce champ de recherches, à vrai dire je préparais conjointement une thèse en physique, chimie et mathématique. »

  Robert esquissa un sourire avant de prendre un gorgée de café, il examina la femme en face de lui, si lui et Encausse était vêtu de manière assez similaire, et de façon assez classique, Ayala semblait avoir des gouts plus excentriques, pour commencer elle ne portait pas de jupe mais plutôt un pantalon des plus large, elle portait aussi un gilet d’homme auquel était accroché la chaine d’un montre, ainsi qu’un long manteau noir. Contrairement à beaucoup de jeunes femmes mademoiselle Badash semblait ne pas priser les chapeaux et préférait laisser ses cheveux noirs libre au vent.

  Voyant son ami se livrer à un examen attentif Alphonse sourit tout en grattant ses favoris qui comme sa tignasse étaient d’un roux violent, il s’attendait à une moquerie quelconque sur l’apparence de son amie, après tout l’humour noir et se montrer désagréable était deux domaines dans lesquels excellait Robert. Mais celui-ci ne desserra pas les dents et se contenta acquiescer.

  « -Parfait, je pense que vos compétence nous seront des plus utiles pour notre projet.

-          Peut être faudrait il définir notre projet avant, répondit Alphonse.

-          Bien j’ai étudié les recherches d’un certain Tesla, l’ensemble de son travail est des plus médiocres. Malgré tout il a quelques idées intéressantes,  et je vous propose d’en explorer une en particulier.

-          Et quelle est-elle ? s’enquit Ayala

-          Il a l’idée d’une énergie gratuite et disponible en tout point de notre univers. Or avec le boom que connait notre industrie nos gouvernants sont incapables d’en fournir assez et de façon sur à tout ceux qui en ont besoin. Que pensez vous de tentez de résoudre se problème.

-          Je te suis sur ce coup mon vieil ami.

-          Moi de même mais il nous faudra un local pour nos recherches, et j’apprécierais autant qu’il soit loin de nos médiocres confrères où professeurs.

-          Ne tinquiètes pas pour ça Ayala, je connais l’endroit parfait, répondit Alphonse. »

 

  Et en effet l’endroit était parfait, ils louèrent pour leurs recherches une ancienne usine en bordure de la capitale qu’ils vidèrent complètement, ils en condamnèrent les entrées pour empêcher les curieux de venir et ne laissèrent comme moyen d’accès qu’une petite couverture au niveau du toit par laquelle on accédait via ses nouveaux aérostats individuels. A l’étage ils aménagèrent les bureaux afin de les transformer en petit appartements individuels afin de pouvoir travailler jour et nuit.

  Ils passèrent un semestre sur la partie théorique du projet, à vérifier et revérifier, chaque calcul, chaque plan, chaque théorie.

  L’autre partie de l’année universitaire fut consacrée à la réalisation proprement dite de leur invention. Pour se faire, et parce que certaines pièces n’existaient pas encore, il leur fallut engager un grand nombre d’ouvriers. Tous sous le sceau du secret, tant et si bien qu’ils leurs avaient demandé de venir travailler exclusivement de nuit. Les bandeaux et les noctambules de tous poils pouvaient ainsi voir un flot quasi continu de machines volantes de toutes tailles s’amarrer au toit de l’usine et entendre le bruit du métal que l’on pliait, tordait, affinait, soudait,… Ce qui attirait de plus en plus la curiosité, mais il était impossible de rentrer dans l’usine  sans se faire remarquer, ceux qui si tentaient recevaient un coup de fusil charger au gros sel dans les derrière par Ayala avant que Robert n’y ajoute un violent coup de pied pour les faire sortir. Du reste ces deux là c’étaient considérablement rapprochés pendant leur internement volontaire, si bien qu’il finir par faire chambre commune quand Alphonse partait retrouver sa fiancée, et décidèrent de se marier dés leur diplôme en poche.

 

  Au bout de trois mois la machine était prête, elle prenait toute la partie inférieure du bâtiment et était un monstre de câblages, de rouages et de tubes de toutes tailles. Il fallait bien avouer que les trois compères avaient avant tout pensé pratique plutôt qu’esthétique, mais après tout on n’allait pas les noter sur l’apparence de leur invention.

 

  Restait à trouver une source d’alimentation, car si la machine devait produire de l’énergie, elle avait elle-même besoin d’une énergie conséquente pour démarrer. Robert se souvient avoir entretenu une correspondance avec le couple Curie et il lui semblât que les recherches du couple proposaient la solution à leur problème.

  Aussi Ayala se mit telle à réfléchir à un moyen d’adapter cette source d’alimentation à leur machine alors qu’Alphonse vérifiait ses calculs. Pendant se temps Robert partit chez le couple Curie pour leur emprunter un échantillon de leurs éléments radioactifs, tout en leur promettant de leur rapporter sous les plus bref délais. Après tout la machine n’avait besoin d’énergie que pour démarrer après elle serait en mesure de s’alimenter d’elle-même.

 

  Trois jours plus tard Robert revint de son escapade avec les échantillons souhaités, pendant ce temps ces deux amis avaient adapté la machine pour y accueillir ces nouveaux éléments.

  Leur travail était enfin finit mais pas question de le présenter sans l’avoir testé avant. Aussi décidèrent-ils de la mettre en marche.

  Mais à ce moment tout partit de travers et l’engin devint extrêmement chaud, bien plus que prévu, à un tel point qu’ils furent obligés de quitter le bâtiment en aérostat. Pris d’un mauvais pressentiment Robert décidât de mener les aérostats le plus loin possibles.

  Alors qu’ils étaient encore en vol, Ayala regarda derrière elle et vit tout d’abord une extrême lumière, et elle remercia le ciel que ses lunettes de vol soient tintées puis un énorme champignon de fumer s’élever. Il était si énorme que sa base engloutissait Paris et sa proche banlieue. Le souffle de l’explosion les fit tout trois tomber de leurs appareils individuels, qui par chance n’étaient pas trop loin du sol.

  En se relevant ils ne virent plus qu’un cratère fumant à la place de ce qui fut la capitale de l’Empire Français.

  « Je crois que ça veut dire qu’on n’aura pas notre diplôme » crut bon de préciser Alphonse ce qui lui valut une claque à l’arrière du crane de Ayala et Robert.

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