Une place pour le paradis s’il vous plait. 11/11

Publié le par Gyzmo

XI

Sur la route de la Nouvelle Orléans

 

  Julia donna, en guise de paiement, quelques créations de son père à Chenier, elle lui laissa aussi les carnets. S’il se débrouillait bien il pourrait revendre l’ensemble à un prix confortable.

 Et alors qu’il reprenait la route de sa ville natale il se demanda si les prières de Julia pour avoir une vie après la mort montaient jusqu’à Dieu. Elle lui avait en effet expliqué craindre de ne pas avoir d’âme et de n’avoir droit qu’au néant et non au Paradis. Pour ce qu’il en savait cette femme s’était en tous cas révélée parfaitement correct et honnête avec lui. Cela devait bien compter non ?

 

  A proximité du pont de Brooklyn se trouve un campement de sans abris. Chacun cherchant dans les déchets des gens huppés quelque chose qui pourrait lui tenir chaud, ou lui rendre la vie un peu plus supportable.

  Au milieu des détritus Joshua Harris qui était déjà un vieil homme trouva un drôle de siège cassé. Il choisit de l’emporter vers sa tente improvisé faite de boites de cartons, ça serait toujours sympa de s’y assoir, ça donnerait du standing.

  Après avoir installé sa découverte prés du tonneau de métal où il faisait son feu Joshua s’installa confortablement dedans et se roula une cigarette avec ce qu’il avait trouvé dans des mégots pas entièrement consumés. Les drôles de formes sur le dossier semblèrent alors s’animer sous ses yeux.

  On ne revit plus jamais Joshua Harris, ses potes de galère le cherchèrent pendant un bon moment, d’autant qu’il avait laissé en plan toutes ses affaires. Puis ils allèrent trouver la police sans trop d’espoirs. Les policiers ne retrouvaient jamais les clodos disparus. Faut dire qu’ils ne cherchaient pas beaucoup et qu’il en disparaissait souvent sous le pont de Brooklyn. Et puis qui ça pouvait bien intéresser des vagabonds qui disparaissent sans raison ?

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