Une place pour le paradis s’il vous plait. 8/11

Publié le par Gyzmo

VIII

Quand il fait ce temps là on dit que c’est vivifiant

 

  Le lendemain Maxwell et Chenier prirent un taxi en direction de Green Park, c’était en effet à coté de ce  parc que se trouvait le marchand d’art dont avait parlé Samsa. Simon profita de l’espace qu’offrait l’arrière de ces taxis pour étendre ses jambes. Il avait en effet passé sa nuit sur le canapé d’Alexander. L’offre avait paru assez généreuse à Chenier pour qu’il se sente obligé d’accepter, malheureusement le dit canapé était loin d’être confortable et Chenier s’était réveillé plein de courbatures. Pas de doutes ce soir il se prenait un hôtel, ou achetait un lit à Maxwell.

  Une fois arrivé l’anglais paya au chauffeur le prix de la course qui s’élevait à vingt livres et quatorze cents pendant que l’américain se grillait une radium à l’extérieur du véhicule. Activité difficile puisque cette fois Londres avait décidé de ne pas trahir sa réputation ce qui offrait à la population une de ces averses dont on ventait partout les mérites. Par chance Chenier avait pensé à prendre son chapeau si bien que sa clope n’était pas mouillée, enfin à la condition de garder la tête penchée. Simon du aussi faire de grand efforts pour ne pas penser à toutes les saloperies qu’on déversait dans les toilettes et se retrouvaient piégées dans le cycle de l’eau et par conséquent lui tombaient dessus…On a de ces idées des fois…

  Le magasin était plutôt spacieux et ordonné, tout le contraire de celui de l’américain. Ils y furent accueillit par une femme dans la trentaine, probablement d’origine pakistanaise et vêtue d’un tailleur de grande marque. Simon se senti un poil minable en comparaison de son élégance.

« -En quoi puis je vous être utile ?

- Et bien mon ami ici présent aimerait voir ce que vous possédez dans votre collection qui ai put être créé par Alan Sheldon »

  La jeune femme leurs adressa un sourire radieux, elle avait là des acheteurs potentiels après tout, puis elle les conduisit vers le fond du magasin.

 « Voilà tout ce que nous possédons, cru-t-elle bon d’ajouter »

  Alan sorti alors de sa poche un des carnets que lui avait confié sa cliente, celui où l’on pouvait voir le fauteuil terminé et chercha entre les rangées quelque chose y ressemblant.

  Le fauteuil recherché était selon les notes de Sheldon fait de noyer et garni de cuir. Il était orné à son sommet de sculptures végétales complexes et le piétement était lui aussi sculpté dans un style végétal.  Malheureusement la photographie de l’objet avait assez mal supporté les outrages du temps, déjà qu’à l’origine la photo ne devait pas être d’une netteté irréprochable, il était désormais impossible d’en déterminer les couleurs d’origine. Certes il y avait bien ici quelques fauteuils assez ressemblant mais Chenier craignait qu’il ne s’agisse que de simples prototypes. Mais comment être sûr… Il y aurait bien un moyen mais ce n’était pas très… Oh et puis merde qui refuserait d’allez au Paradis?

 « -Mademoiselle ! Vous voudriez bien vous assoir dans les fauteuils s’il vous plait ?

- Je vous demande pardon ?

- Oui j’aimerais constater ce que cela donne une fois que quelqu’un y est assis.

- Pourquoi ne pas vous y assoir vous-même alors ?

- C’est que voyez vous je suis moi-même antiquaire, et si je vous achète un de ces éléments de mobilier ce serait avant tout pour les revendre. Alors en vous asseyant dessus je pourrais me faire une idée de ce que ça donnera si je les prends en photo avec un model pour mon site internet. »

  La jeune fille fit une petite moue gênée, mais après tout ce n’était pas le premier client excentrique auquel elle avait été confrontée. Et son patron avait bien insisté sur le fait que le client était roi. C’est aussi de bonne grâce qu’elle s’assit dans chaque fauteuil un à un.

  Mais il ne se passa rien. Oh parfois Simon avait bien le sentiment que le bois ou le cuir des fauteuils s’animait un peu, mais il n’aurait pu en être certain. Et surtout la vendeuse était toujours là. Ce n’était donc pas ici qu’il trouverait ce qu’il cherchait.

  Il sorti poliment, menti en disant qu’il repasserait afin de ne pas trop agacer la jeune femme, et une fois dehors s’alluma une autre cigarette.

 

 La pluie avait cessée et avait céder la place à un vent plutôt froid, enfin selon les critères de Chenier. Maxwell lui trouvait ce vent vivifiant, ça faisait circuler le sang qu’il disait.

« - Bon tu m’expliques le coup que tu as fait à la vendeuse ? C’était pour pouvoir la reluquer sous toutes les coutures ou il y avait une autre raison?

 - En fait je suis à la recherche d’une création de Sheldon bien particulière et pour vérifier que j’ai trouvé ce que je cherche il faut que quelqu’un s’asseye dedans.

 - Je vois ! Je peux avoir quelques détails s’il te plait ? « 

 

  Simon ne se senti pas le cœur de refuser à son nouvel ami ce qu’il demandait. Aussi alors que les deux hommes se dirigeaient tranquillement vers la station de métro la plus proche l’américain expliquât-il  la façon dans laquelle il s’était retrouvé à rechercher la création mythique d’un designer mort depuis des décennies. Mais il ne fut pas certain que son confrère en cru un traitre mot.

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