Une place pour le paradis s’il vous plait. 7/11
VII
Un colon dans la perfide Albion
Arrivé à Saint Pancras, et après avoir fait changer son argent liquide, Simon demanda à un chauffeur de taxi de l’emmener à Camden Market. Il avait là bas un contact à qui il achetait des meubles depuis quelques années. Il se dit que cet homme pourrait probablement l’aider dans ses recherches.
A l’extérieur de la voiture le temps était claire ce qui surpris Chenier qui s’attendait à de la pluie ou à une bonne dose de brouillard. Encore un clicher qui volait en éclat. Ceci dit depuis 2007 en arrivant de France on atterrissait plus dans une gare du nom de Waterloo. C’était probablement pour rappeler aux mangeurs de grenouilles qui avait mis un frein à l’expansion napoléonienne, mais c’était quand même un poil mesquin. Aussi Chenier jugea que les britanniques avaient bien fait de changer la gare d’arrivée de l’Eurostar.
C’était la première fois que Simon venait à Londres mais il aimait déjà cette ville, en fin en tous cas Camden Market. Des gens venu de toutes les classes de la société si mélangeaient dans un joyeux foutoir. On trouvait de tout ici, des pipes à eau à de la bouffe exotique en passant par de vieux vinyles… Des surplus militaires étaient entourés de boutiques New Age ou spécialisés dans la déco gothique.
Et bien sûr on y trouvait des antiquaires, des vrais, des pures, des connaisseurs…Et puis si on voulait se prendre un verre le soir tout en écoutant jouer un petit groupe de locaux on trouvait tout ce qu’on voulait dans la rue adjacente.
Bref cet endroit était pour Simon une sorte de Paradis terrestre.
Simon du faire plusieurs fois le tour du marché avant de trouver son contact un dénommé Alexander Maxwell. En fait, bien qu’il y ait eu entre eux quelques transactions les deux hommes ne s’étaient encore jamais vus. Au bout de quelques tours Chenier fini par trouver une boutique dont trônait au dessus de la porte la pancarte « Alexander Maxwell Antique Dealer ». On pouvait donc décemment conclure que c’était l’établissement que recherchait le chineur. A l’intérieur un homme à la forte carrure s’affairait à cirer un bureau à caisson en chêne noirci orné de médaillons gravé d’un R. Le fauteuil assorti était pivotant et possédait une assise garnie de cuir rouge avec au sommet du dossier une fleur de lis sculpté et les initiales CR gravées dans le bois. Sur le bureau était posé un petit bout de carton bristol sur lequel on avait écrit à la main « Rare bureau avec fauteuil de Charles Rohlfs daté de 1902 : 25 000 £ »
En voyant le prix sur l’étiquette Simon émit un sifflement, ce qui eu pour conséquence de le faire repérer par l’armoire à glace qui servait de patron. En effet tellement de gens passe sur ce marché que le client potentiel ce doit d’allez vers le vendeur et non l’inverse. Il faut dire que vu l’affluence les boutiques devaient bien marcher d’autant que cet endroit était dans les guides touristiques. Evidement la plupart des gens ne repartait pas avec des meubles mais plutôt avec de petites bricoles. Ce qui obligeait Maxwell à faire quelques efforts pour vendre ce qu’il avait en magasin. D’autant qu’il s’était spécialisé dans le mobilier.
« - Alexander Maxwell ! Je peux faire quelque chose pour vous ?
- Simon Chenier…
- Chenier, pourquoi ce nom me dit il quelque chose ?
- Je vous ai acheté quelques éléments de mobilier tibétain l’an passé…
- Ah oui ça me revient…Vous êtes un revendeur de la Nouvelle Orléans ?
- C’est cela…
- Et que vient donc faire un colon dans la terrible Albion ?
- Des recherches !
- Des recherches ? J’avais pourtant cru comprendre que vous quittiez rarement votre ville.
- C’est vrai mais là c’est différent une cliente m’a demandé un article très précis. Une création d’Alan Sheldon pour être plus précis.
- Je vois … Une cliente exigeante.
- Tout à fait, mais c’est-ce type de clientèle qui rend notre métier intéressant et non cette masse de crétins qui tentent de reproduire chez eux la page vingt du catalogue Ikea.
- Je vous l’accorde … Il est bien loin le temps des cabinets de curiosité…Mais en quoi puis je vous aidez ?
- Et bien je me suis laissez entendre qu’un marchand d’art londonien serait en possession d’une des plus grandes collections de créations de Sheldon. Mais je n’ai pas son nom. Vous ne sauriez pas comment le contacter par hasard ?
- Si c’est l’homme auquel je pense ça en devrait pas poser trop de problèmes de vous avoir un rendez vous. Il m’arrive de lui acheter certains objets pour ma boutique de temps à autre.
- Parfait. »